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Thessalonique à la rencontre de l'Histoire
Texte d'Anaël Pigeat
publié dans l'ouvrage Moment Grec (éditions du Regard, 2016)

Arthur Tiar s’est intéressé à Thessalonique, une ville grecque depuis un siècle seulement, où les trois grandes religions monothéistes ont eu une place, largement détruite par le grand incendie de 1917 et qui n'a rien d'une ville musée. La population juive y a longtemps été très nombreuse sous l'Empire ottoman, avant d'être décimée pendant la Seconde Guerre mondiale.
Avec Emmanuel Saulnier, qui s'est finalement joint à lui, Arthur Tiar a multiplié les rencontres. Au musée juif, c'est d'abord Erika qu'ils ont rencontrée. C'est elle qui leur a ouvert les portes de Thessalonique en les introduisant auprès de Simon Bensassan, un élu de la ville, puis auprès du maire Yiannis Boutaris, de l'adjointe à la culture qui est une artiste, de la directrice du musée d'Art contemporain...tous leur ont exposé leurs préoccupations à propos de la montée des mouvances d'extrême droite Et pourtant, c'est paradoxalement aujourd'hui que la ville est en train de s'ouvrir, notamment à l'art et à la photographie.

Comme une vision du pays à travers le filtre de ces rencontres, Arthur Tiar a conçu un triptyque photographique. La première image a été prise dans le train d’Athènes à Thessalonique : sur la porte des toilettes, une croix gammée recouverte d’une inscription en Grec : « ne marche pas ». Cette image lui a rappelé une autre de ses photographies, prise au cours d’un précédent voyage, un drapeau grec planté sur l’Acropole. Puis il a ajouté une troisième photographie, la rotonde Saint Georges de Thessalonique, qui a successivement été mausolée romain, cathédrale et mosquée. Les mouvements circulaires, les strates de l’histoire, la mosaïque rongée par le temps, les échafaudages en bois, relient ces images d’échelles différentes, prises avec des appareils très variés, à l’image de l’histoire du pays.

Anaël Pigeat

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